Des colons grecs plantèrent la vigne à Alalia vers 565 avant notre ère, faisant de la Corse l'un des plus anciens rivages viticoles de France. Des siècles de domination génoise ont marqué le vignoble lui-même : le niellucciu, premier cépage rouge de l'île, est un sangiovese sous un nom corse, tandis que le sciaccarellu, pâle et poivré sur les granites de l'ouest, n'appartient qu'à elle.
L'histoire moderne est une chute suivie d'un relèvement. Dans les années 1960, les rapatriés d'Algérie plantèrent la plaine orientale pour le volume, épisode achevé dans la surproduction et le scandale ; le vignoble se contracta, et la réputation de l'île avec lui. L'identité s'est reconstruite depuis la montagne — Patrimonio, sur son calcaire, devint la première appellation en 1968 — et les vignerons d'aujourd'hui misent tout sur les cépages insulaires, le granite et le schiste.