Un vignoble éparpillé dans les Alpes, accroché aux rives des lacs et aux décombres d'une catastrophe : les coteaux d'Apremont et des Abymes poussent sur les éboulis laissés par l'effondrement du mont Granier en 1248, l'un des grands glissements de terrain de l'Europe médiévale. La vigne y est ancienne — les auteurs contemporains de Columelle la signalaient déjà — mais la Savoie resta longtemps un vin que la montagne gardait pour elle.
Pendant l'essentiel du XXe siècle, on le servait en carafe aux skieurs, et il franchissait rarement le fond de vallée. La renaissance récente a changé la donne : les vieilles mondeuses des pentes raides et l'altesse des meilleurs coteaux sont désormais traitées en vins de montagne sérieux, et une jeune génération reconquiert les crus dispersés, terrasse après terrasse.