Le verdejo pousse sur les hautes plaines caillouteuses de Castille depuis le Moyen Âge, mais des siècles durant il finissait surtout en vins oxydatifs, proches du xérès, à l'audience locale. Le tournant vint dans les années 1970, quand Marqués de Riscal — la maison de la Rioja, conseillée par l'œnologue bordelais Émile Peynaud — chercha un blanc espagnol à mettre en bouteille sur la fraîcheur, et le trouva dans les vieilles vignes de Rueda.
La recette moderne suivit : vendanges de nuit pour garder les raisins froids, fermentation en cuve inox, élevage sur lies plutôt que sous bois. Il en sort du fenouil et du citron vert sur la finale d'amande amère propre au verdejo, tendus par l'acidité d'un plateau où les jours brûlants s'achèvent en nuits froides. Rueda est depuis le blanc quotidien de qualité de l'Espagne.