L'ancêtre. Le Bordeaux médiéval n'expédiait pas nos rouges sombres mais un rouge pâle, macéré brièvement — le vin que l'Angleterre appelait « claret » et buvait en quantités stupéfiantes : dans les bonnes années du XIVe siècle, l'essentiel du vin importé par l'Angleterre était celui-là. Le mot survit d'ailleurs en anglais comme surnom du bordeaux rouge.
Le clairet moderne, appellation officielle depuis 1950, en est la résurrection délibérée : deux à trois jours de macération sur merlot et cabernets, pour un vin entre rosé et rouge — fruit de cerise, souffle de tanin, à boire frais. Une petite production, bue jeune, et six siècles de mémoire dans un verre.