Pendant des générations, la barbera fut le vin quotidien du Piémont — la carafe sur la table de l'ouvrier pendant que le nebbiolo descendait à la cave. C'est l'inverse du nebbiolo par la construction : sombre de robe, haute d'acidité, discrète de tanin, toute en cerise noire et violette, buvable dans sa jeunesse quand le barolo exige une décennie.
Sa promotion fut méritée. En 1982, Giacomo Bologna éleva de vieilles vignes de barbera en barriques françaises neuves et nomma le vin Bricco dell'Uccellone ; il montra ce que concentration et bois pouvaient suspendre à cette charpente d'acidité, et une génération de vignerons suivit. En 2008, le barbera d'Asti fut élevé au rang de DOCG — le vin de table devenu sérieux sans perdre la qualité qui le fit aimer : il accompagne le dîner.