La roussanne est le contrepoint aromatique et nerveux à l'ampleur de la marsanne — un cépage difficile, peu productif, sensible aux maladies, que les vignerons gardent pour une seule raison : le parfum. Elle embaume les blancs du Rhône nord de poire, de tisane et de chèvrefeuille, et, au sud, elle figure parmi les treize cépages autorisés de Châteauneuf-du-Pape, où une pointe relève l'assemblage blanc.
Son caractère capricieux faillit lui coûter sa place — les surfaces fondirent sous le phylloxéra et le mildiou — mais le renouveau des grands blancs rhodaniens l'a fait revenir. Seule ou avec la marsanne, elle donne des vins serrés et floraux dans leur jeunesse qui gagnent, avec le temps, une remarquable complexité minérale et miellée.