Plus ancien que les deux cabernets, le petit verdot est l'un des vieux cépages de la Gironde — son nom, tiré de « vert », moque les baies qu'il portait encore vertes en octobre dans le climat frais du Bordeaux d'autrefois. Une année mûre sur trois : tel était le marché, et après le phylloxéra la plupart des vignerons ne l'ont pas renouvelé.
Là où il mûrit, il est magnifique : une baie minuscule et noire d'encre, un parfum de violette, une couleur ferreuse et un fouet d'énergie tannique qui relève un assemblage médocain à quelques pourcents seulement. Le changement climatique réécrit discrètement son destin — le tardif de Bordeaux mûrit désormais presque chaque année, et les surfaces remontent.