La culture du vin sur ce plateau derrière Valence est ancienne — le site ibère de Kelin y pressait du vin dès le VIIe siècle avant notre ère. L'histoire moderne du bobal est plus humble : pendant un siècle, le cépage partit anonymement par le port de Valence comme vin de coupage et concentré de raisin, épaississant les bouteilles des autres et sucrant la sangría, sans que son nom paraisse nulle part.
La négligence se révéla une conservation. Parce que personne ne prit la peine de replanter, de vieux bobals en gobelet survivent en nombre entre 700 et 900 mètres, cultivés en sec sur les argiles calcaires de la meseta. De ces ceps, une génération de vignerons tire aujourd'hui la découverte : des rouges sombres comme la myrtille, frais, un rien rustiques, portés par la fraîcheur de l'altitude — le secret du plateau enfin mis en bouteille sous son propre nom.