Le gamay sur le granit, au nord de Lyon — ville qu'arrosent, dit-on, trois fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais. La macération semi-carbonique, grappes entières fermentant sous leur propre gaz carbonique, signe le vin : peu de tanin, un fruit de cerise éclatant, un allant qu'aucun autre rouge de France ne possède tout à fait.
Le beaujolais nouveau, lâché le troisième jeudi de novembre, rendit le nom mondialement célèbre dans les années 1970-1980 — et faillit le couler, un océan de vin hâtif aux parfums de banane définissant la région pour une génération. Le renouveau vint des dix crus — Morgon, Fleurie, Moulin-à-Vent entre autres — dont les pentes granitiques prouvent le sérieux du gamay. À boire frais, en pensant aux cerises.