Vérone sèche des raisins pour le vin depuis l'Antiquité : au VIe siècle, Cassiodore, ministre à la cour ostrogothique, louait l'Acinatico tiré de baies passerillées. L'amarone garde la méthode — la corvina et ses compagnes étendues sur claies pour se flétrir, l'appassimento, cent jours et davantage — mais fait fermenter le moût concentré jusqu'au sec.
Le résultat, dit la légende, fut un accident : une barrique de recioto doux laissée fermenter trop loin, et le verdict d'un caviste — amarone, « le grand amer ». Le nom apparaît en 1936 ; le style conquit le monde après la guerre. Cerise séchée, figue et cacao, un poids de velours à seize degrés : un vin sec qui garde la mémoire d'un vin doux.