Un vieux rouge de l'Ardèche presque entièrement disparu, dont on se souvient aujourd'hui pour une raison qui prime toutes les autres : il est le père de la syrah. Quand le typage ADN, à la fin des années 1990, entreprit de démasquer la parenté du grand cépage du Rhône septentrional, il nomma une obscure variété locale, la dureza, croisée à la mondeuse blanche de la Savoie voisine — une découverte publiée par Bowers, Meredith et leurs collègues entre 1998 et 2000, qui dissipa la légende romantique d'une vigne rapportée de Perse.
La dureza elle-même n'a jamais donné de vin célèbre. Au moment où on l'identifia, elle s'était réduite à une poignée de pieds conservés dans les collections ampélographiques, cépage préservé plus que cultivé. C'est d'avoir survécu, malgré tout, qui permit de répondre à la question — une variété quasi éteinte dont toute l'importance tient désormais à l'enfant qu'elle a laissé au monde.