Le premier vin que le monde antique s'accorda à dire grand. Cultivé sur les pentes de l'Ager Falernus, au nord de la Campanie, à partir d'un cépage blanc que les Romains nommaient aminéen, le falerne se déclinait en trois styles — sec, doux et léger — et fut prisé entre tous par Pline, Horace, Martial et Pétrone. Il vieillissait des décennies, s'ambrant et se corsant en jarre ; le légendaire millésime opimien de 121 av. J.-C. se versait encore, par bravade, un siècle et demi plus tard.
Ce qui subsiste, c'est la réputation, non le vin. On connaît sa région, le nom de son cépage, sa gloire et son prix, mais non son goût, et aucune bouteille campanienne actuelle n'en descend par une filiation traçable — les vignes et la vinification se sont perdues avec Rome. Le falerne se lit mieux comme l'étalon de prestige de l'Antiquité, la mesure à laquelle se compara tout « premier des vins » ultérieur.