Un vin si ancien que son nom est déjà une énigme dans les textes les plus vieux. Homère nomme le pramnien dans l'Iliade comme dans l'Odyssée — la coupe réparatrice de Nestor, le philtre de Circé — et les auteurs grecs postérieurs se disputèrent, sans trancher, pour savoir si « pramnien » désignait un lieu, un cépage, ou simplement un style de vin sombre, fort et austère. L'Antiquité elle-même ne s'accorda jamais.
Ce désaccord irrésolu est ici le contenu le plus honnête. Le pramnien ne se rattache à aucune région ni à aucun cépage moderne, et toute prétention assurée à l'avoir retrouvé relève de l'invention. Il subsiste pour ce qu'il fut toujours : un nom fameux et évocateur de l'aube de la littérature du vin, dont la substance restera à jamais hors de portée.